Shin Dojo Kai
Ecole de Karate-Do

Le regard intérieur.

Un très beau coq

Ki Sing-Tseu dressait un coq de combat pour le roi. Au bout de dix jours, on lui demanda: "Le coq est-il prêt ?"

"Non", répondit-il, "l'oiseau est encore gonflé d'orgueil et sûr de son souffle."

Dix jours plus tard, interrogé de nouveau, il répondit: "Pas encore, l'oiseau réagit encore aux autres coqs comme l'écho ou l'ombre."

Enfin dix jours plus tard, il déclara: "Le coq est à peu près prêt. Il ne s'émeut plus au chant d'un autre coq. A le voir, on dirait un coq de bois. Sa vertu est parfaitement intacte. Aucun autre coq n'osera l'affronter, tout coq lui tournera le dos et s'enfuira.

Proposition d’explications à propos du texte "Le regard intérieur"

Gonflé d’orgueil et sûr de son souffle

C’est le premier degré, on parle de lui (du coq). Cela signifie que son moi (ego) est beaucoup trop présent.

Ses regards sont encore vifs et son souffle encore puissant

Cela signifie qu’il y a encore quelques pointes d’orgueil, mais que l’on commence à localiser ses faiblesses.

Comme l’écho ou l’ombre

C’est le deuxième degré, on parle de lui et des autres coqs. Cela signifie qu’il y a encore une réaction, une imitation volontaire, parce qu’il est encore trop à l’extérieur.

Le coq est à peu près prêt

Cela signifie que nous ne sommes jamais parfait.

Il ne s’émeut plus au chant d’un autre coq

Cela signifie qu’il sait exactement ce qui est important pour lui. Il se connaît.

Un coq de bois

Cela signifie que l’on ne parvient plus à connaître ses sentiments. Il ne montre plus ses points forts ni ses points faibles.

Sa vertu est parfaitement intacte

Cela signifie que ce sont uniquement ses qualités intérieures qui se manifesteront.

Aucun autre coq n’osera l’affronter

Plus personne n’osera l’attaquer sur ses qualités qu’il mettra en évidence.

Tout coq lui tournera le dos et s’enfuira

C’est le troisième degré, on ne parle plus de lui, mais uniquement des autres. Il a une telle présence que c’est nous qui nous tournons vers lui, alors qu’auparavant c’est lui qui se tournait vers nous.

Marc Wafflard