Shin Dojo Kai
Ecole de Karate-Do

Le kata: forme vide ou vivante ?

Kata traduit en langue française, signifie forme. C'est très difficile de traduire un mot étranger qui n'existe pas dans notre vocabulaire. Cela peut prêter à confusion. En effet, forme au sens de "moule", modèle façonné et fixe qui sert à la fabrication en série d'objects de forme identique, ou forme au sens "image ou figure", c'est-à-dire l'aspect extérieur d'une chose qui s'offre au regard en tant que l'expression de son identité.

Sensei Gichin Funakoshi

En Karate, cette deuxième signification me paraît plus juste, la forme comme manifestation extérieure de la caractéristique intérieure. La différence est énorme entre les deux traductions du mot forme. Admettons qu'un élève ait une certaine maladresse ou raideur dans ses gestes au cours de l'exécution du kata. Je ne crois pas que ce soit un problème. L'important pour lui est qu'il travaille son kata sans crispation dans son esprit et notamment, avec la connaissance de la raison martiale dissimulée dans chacun des mouvements et dans leur enchaînement. Dans ce cas, l'élève fera de lui-même des progrès en assimilant le kata de la manière qui lui convient, selon sa conception du combat et de sa morphologie, enfin, selon sa personnalité propre.

Malheureusement, le kata que l'on travaille en faisant en sorte d'exprimer sa personnalité n'est pas toujours perçu de manière favorable et ne recueille guère l'approbation unanime dans une compétition. Il faut garder à l'esprit qu'il y a deux façon de travailler le kata, l'une pour la compétition, l'autre pour pour forger son esprit martial et approfondir ses techniques de combat. Travaillé selon l'une ou l'autre de ses attitudes, le kata présente un aspect totalement différent.

L'exécution d'un kata à caractère expressif et esthétique passe bien dans la compétition mais si on le considère du point de vue martial, ce kata n'est rien d'autre qu'une forme sans vie. Par contre, si on exécute son kata travaillé selon l'esprit martial, celui-ci apparaît sobre et ne peut être compris que par peu de personnes qui savent "voir". Voilà un dilemme puisque tout Homme, lorsqu'il se trouve face à autrui, veut être compris, apprécié ou être considéré selon ce qu'il mérite ou croît mériter.

Marc Wafflard